RÉCENTES

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ARISE (2019)

Mise en scène : Corinne Mathou

Avec : 12 exilés des Hautes-Pyrénées et  Aurélie Girveau, Ludovic Privat, Gabrielle Weshbuch

Arise est une création, mêlant théâtre et danse, qui traite de l'expérience de l'exil et du déracinement. Création conçue à partir d'ateliers artistiques, de rencontres et de moments partagés, menés pendant pendant plus d'une années auprès de personnes en situation de migration. Ce spectacle veut montrer les histoires que l'on porte en soi, l'arrachement au pays, l'errance, la mémoire, ainsi que la confrontation des mondes passés et présents. La fuite est le voyage de personnes en situations de rupture, notamment les adolescents isolés arrivés sur notre territoire. 

Le spectacle se décline en une suite de tableaux qui mettent en scène des moments du quotidien, évoquent les souvenirs d'enfance, les fables, les gestes, les mosaïques des langues et des chants. mais aussi la traversée des mers, l'expression du désarroi ou de l'euphorie... Arise met en lumière les raisons qui poussent les individus à partir et à "Faire l'Aventure". Montrer le rêve, le désir, et le jeu comme mouvement de la vie même. 

Arise, "s'élever", signifie ici que l'on s'appuie sur les possibilités de création contenues dans les situations de marginalisation, au plus près des existences précaires. Il s'agit d'être attentif à la présence d'autrui, aux nuances de sa parole, pour la restituer et, plus largement, la faire résonner dans l'espace public. 

Ensemble, avec mesure, "on cherche ici un fil pour se guider dans le labyrinthe des désorientations contemporaines" (Plinio Prado) 

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 Les Sortilèges (2021)

Mise en scène : Corinne Mathou 

Avec : Aurélie Girveau, Coretta Assié, Ludovic Privat 

Le rideau s’ouvre... Un enfant est assis devant ses devoirs, mais ne travaille pas... Soudain, on entend une voix : "As-tu fait ta page ? As-tu été sage ?" La porte s’ouvre, entre la mère qui constate que l’enfant n’a pas fini son travail. Renâclant à la tâche, l’enfant bougon est puni. Une rage destructrice saisit alors l’enfant. Il brise tous les objets autour de lui. L’enfant hurle,tisonne avec fureur le feu de la cheminée, casse tasse et théière... Un nuage de cendres et de vapeurs s’échappe. Il brandit le tison comme une épée et déchire la tapisserie. Il arrache le balancier de l’horloge, vide l’encrier... Cahiers et livres volent dans les airs...

Mais voici que les objets maltraités commencent à s’animer. C’est le fauteuil qui refuse de le laisser s’asseoir : « Dehors, sale enfant ! », C’est le feu qui crache une gerbe d’étincelles, c’est l’horloge qui sonne l’heure comme une folle... L’enfant se cache derrière les meubles. Les lambeaux de la tapisserie déchirée flottent et se redressent, dans un coin, un affreux petit bonhomme bardé de nombres tient une règle et questionne l’enfant...c’est l’esprit des mathématiques... L’arbre à l’écorce meurtri se fait terrifiant, poursuivant le cruel enfant... L’enfant tombe, prêt à défaillir... Aspiré dans un jeu fantastique, les objets et les animaux vont tour à tour s’animer... Un voyage imaginaire qui fera prendre conscience à l’enfant de sa cruauté.

Conte merveilleux cette pièce nous entraine dans l’univers des rêveries enfantines, du fantasme maternel, de la transgression et des pulsions destructrices. L’enfant et les Sortilèges nous parle du monde de l’enfance, de ses terreurs, de sa cruauté, de son imaginaire avec ses fééries et ses croyances qui autorisent à faire parler une théière, une horloge, un arbre, des chiffres, un chat, un écureuil, une libellule...dans un univers sonore à la fois drôle, fantastique et émouvant.

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Billie Holiday 

All That Jazz (2019)

Mise en scène : Corinne Mathou 

Avec : les classes de danse contemporaine et de musique jazz du Conservatoire Henri Duparc de Tarbes

Billie Holiday. All That Jazz est un hommage à la chanteuse Billie Holiday, à la musique jazz et aux grandes figures littéraires du siècle dernier. Né dans les champs de coton et les prisons américaines, le Jazz est à l’origine la voix des esclaves noirs. La pièce s’ouvre avec Billie Holiday, seule et à la fin de sa vie. Quelques mois auparavant, Lester Young, son cher ami et musicien, décède brutalement. Dévastée, seule et fatiguée par une vie d’abus et d’humiliation, Billie se souvient… de son passé…de ses débuts de chanteuse…et de l’histoire du jazz, de l’esclavage et de la ségrégation. Avec elle, le spectateur plonge dans une période pleine de créativité et de folie, dominée par la fièvre du jazz. La vie de Billie est le reflet de l’une des périodes les plus excitantes du XXe siècle où les divas, les gangsters et les poètes se sont côtoyés dans une tempête électrique de créativité.

 

Visiter la vie de Billie, c’est aussi visiter la vie d’artistes d’Amérique et d’Europe qui ont produit leur meilleur travail en écoutant cette musique. Le jazz, souffle de vie et de folie, a inspiré des grands poètes, comme Ted Hughes et Sylvia Plath, des écrivains comme Nelson Algren et Simone de Beauvoir, qui prendront également vie dans cette pièce. Ils se sont tous rencontrés en dansant sur de la musique jazz, ils sont tombés amoureux et ils ont écrit en écoutant du jazz. 

 

Cette incursion dans la vie de Billie et l'histoire du jazz est aussi une réflexion sur l'existence, les raisons pour lesquelles nous vivons. Créer, tomber amoureux, danser, jouer, écrire, rêver. C'est une réflexion sur ce qui a été fait, ce qui a été accompli, l'impermanence des choses ...  A la fin du voyage, que reste-t-il de nos vies?